Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi
1 Février 2013
Et oui, le temps passe très vite ! Déjà un mois que je suis en Inde, l'heure de faire un petit point après tant de découvertes, d'évènements en tout genre, de surprises, de voyages, de rencontres, qui me donnent l'impression d'être ici depuis si longtemps. En effet, il se passe toujours quelque chose inattendu, d'imprévu, dans ce pays qui, en plus d'être dépaysant, est également très accueillant. C'est également l'occasion pour ceux d'entre vous ayant loupé un article les intéressant de le retrouver facilement.
Souvenez-vous, lors de mon premier article, j'évoquais les principales raisons m'ayant poussé à choisir l'Inde comme destination. Si je me basais alors sur des préjugés et des témoignages divers et variés, je peux maintenant dire que je ne suis pas déçu, et que l'Inde correspond à mes attentes. Le fait de pouvoir discuter avec nombre d'indiens issus de régions, de religions et de milieux très différents me permet vraiment de me rendre compte de la richesse culturelle de l'Inde, bien loin du mode de vie occidental. La facilité pour voyager ici permet également de vraiment découvrir l'Inde, et ce que j'ai vu jusqu'à maintenant est au niveau de mes attentes ! Enfin, et même si les indiens ont, pour la plupart, un accent très prononcé, et jamais le même, selon la région d'où ils viennent, avec un peu d'habitude (et après les avoir fait répéter deux ou trois fois), on finit par les comprendre, et il est alors possible de converser avec eux en anglais.
Dès mon arrivée en Inde, et après avoir fait mes premiers pas sur le campus, j'ai été surpris par la conduite indienne, désordonnée et semblant ne respecter aucune règle. C'est toujours le cas après un mois : je me demande encore pourquoi il n'y a pas plus d'accidents, et me demande parfois comment certaines voitures trouvent l'espace pour se faufiler entre deux autres véhicules. L'utilisation du klaxon est en fait obligatoire en Inde, et il est même écrit sur l'arrière des bus et des camions "Klaxonnez s'il-vous-plait" ! Enfin, en discutant avec un chauffeur de taxi, j'ai appris que, si des leçons de conduite sont censées être nécessaires pour obtenir le permis, il suffit généralement de glisser un billet à l'examinateur pour obtenir le précieux document. Ceci explique cela !
Si je ne reviendrai pas sur mon choix de cours, dont j'ai d'ailleurs reparlé dans l'article sur ma petite vie indienne, qui constitue déjà une sorte de bilan de ma vie sur le campus de l'IIT, bilan qui n'a pas changé durant les deux dernières semaines, et que l'article de la semaine dernière sur les markets donne une bonne idée des alentours de l'institut, je voudrais redire deux mots sur les voyages.
L'Inde est vaste, et il n'est pas possible de tout voir en cinq mois, lorsqu'on ne peut se déplacer que le week-end. Mais cela suffit à bien découvrir une partie de l'Inde, et mon objectif était de bien connaître l'Inde du Nord. Pour cela, rien de plus simple (et de plus fatiguant), il faut voyager, idéalement, tous les week-end. Et, à de rares exceptions près, c'est que que nous devrions faire. Il est tellement peu cher de traverser le pays en train, de se loger et de se nourrir, que les excursions du week-end sont bien loin de nous ruiner, et nous en profitons donc. De plus, le fait de voyager sans cesse nous permet de ne pas avoir le temps de nous ennuyer, et de découvrir sans cesse de nouvelles choses, de vivre de nouvelles expériences. Et c'est important lorsque l'on part pour un certain temps dans un pays lointain.
En plus de Delhi, il y a pour simplifier trois grandes régions à visiter en Inde du Nord :
- le Rajasthan, à l'Ouest, qui s'étend jusqu'au Pakistan. C'est un grand désert aride, où l'on peut voir de nombreux forts. C'est la région à voir lorsqu'on vient en Inde ! Nous sommes déjà allé à Jaipur et à Udaipur, mais il reste encore plusieurs villes à découvrir.
- La vallée du Gange, à l'Est, dont plusieurs villes sont des cités saintes, lieux de pèlerinage des hindoues, au bord de la rivière sacrée ! Si nous sommes déjà allé du côté de la source du Gange, à Haridwar et Rishikesh, il nous faut maintenant nous rendre plus en aval, afin de rencontrer des atmosphères différentes, mais toujours très spirituelles.
- l'Himalaya, au Nord, la partie de l'Inde qui me fait le plus rêver (comme tous les amateurs de montagne). L'hiver sévissant également ici, il est encore trop tôt pour se rendre dans les montagnes, mais cela ne saurait tarder, et dès le mois de mars, les premières excursions devraient s'organiser de ce côté-là !
Si le paragraphe concernant les voyages est le plus long, c'est que ceux-ci constituent mes meilleurs moments en Inde, et c'est grâce à eux que je réalise à quel point j'ai de la chance d'être ici, de pouvoir profiter autant de ce pays, en m'arrangeant pour ne pas avoir de travail le week-end. C'est lors de ces voyages que je vois le plus de paysages et de régions, certes, mais aussi que je me forge une idée plus précise de ce qu'est l'Inde, que je fais face aux contrastes de ce pays, que je découvre des cultures et des visions du monde différentes. C'est aussi lors de ces voyages que j'ai le plus fait face aux comportements locaux, parfois surprenants pour des occidentaux. Outre le fait que le fait de cracher par terre soit la norme, il est également normal de jeter par terre son verre en plastique ou en carton après avoir bu un petit thé ou un jus de fruit. De même, dans le train, après avoir mangé l'un des petit plats acheté aux vendeurs ambulants, il est normal pour les indiens de jeter leur assiette en carton par la fenêtre. Et si nous ne pouvons nous résoudre à ce type de comportement, nous n'aidons pas vraiment l'Inde en mettant nos détritus à la poubelle : il ne semble pas y avoir de traitement des déchets, et les ordures sont déversées à l'extérieur des villes, en tas, et servent à nourrir les cochons et même les vaches, qui se promènent en liberté dans les environs.
Au final, je pense pouvoir dire que je me plaît vraiment à Delhi, pour le moment en tout cas. Je continuerai bien entendu à partager mon expérience sur ce blog le plus régulièrement possible. Il me reste presque quatre mois à passer ici, pour continuer à découvrir ce pays. Espérons que ceux-ci seront aussi riches que ces premières semaines !