Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi
14 Janvier 2013
Quelle belle occasion que ce week-end de trois jours (lundi étant férié) pour voyager légèrement au Nord de Delhi, à environ 250km de la capitale, et se ressourcer dans les villes saintes de Haridwar et Rishikesh ! Pourquoi est-ce que ce sont des villes saintes ? Car c'est de ses villes-ci que partent les pèlerinages en direction de la source du Gange. Les principales activités ici sont donc la méditation et le Yoga, et il y a de très nombreux temples dans lesquels se rendent en masse les hindous pour donner des offrandes. Ce côté spirituel, et la proximité de l’Himalaya, dont on est au pied, rendent ces villes très agréables.
L'inévitable photo de groupe ... Les mêmes qu'à Jaipur, avec Benoit en plus ! De gauche à droite : moi-même, Charles, Jacques, Claire, Daniel et Benoit
Parce que voyager en Inde est toujours source d’inattendu, et parce que lorsque l'on découvre les différents moyens de transport, on y découvre aussi les conditions de transport, il fallait bien que quelques évènements viennent marquer notre première sortie en train !
Il faut savoir que le train est un moyen de transport très prisé en Inde, et il faut donc s'y prendre très à l'avance pour avoir une place assise dans un wagon. Cependant, lorsque l'on se retrouve sur la "waiting list", et qu'il n'y a pas eu assez d'annulations (très fréquentes) pour avoir un siège, on peut tout de même monter, mais l'on se retrouve debout, ce qui peut être assez pénible pour des trajets un peu longs.
Ayant décidé de partir à Haridwar seulement mercredi, pour un départ vendredi dans l'après-midi, nous avons donc bien entendu été mis sur liste d'attente, à une position bien trop éloignée pour espérer avoir une place assise. Ajoutons à cela qu'un wagon n'était finalement pas utilisable, et nous voici debout, serrés comme des sardines, pendant les quatre heures de trajet ! C'est une aventure.
En dehors de ce problème de place, que nous n'avons heureusement pas connu au retour, grâce aux annulations, le trajet à bord d'un train est une véritable découverte pour nous : des personnes passent sans cesse dans les rangs en criant, pour vendre boissons, en-cas, et même des plats complets, qu'il est possible de commander lorsqu'ils passent. En effet, si nos trains ne duraient que, respectivement, 4 et 5 heures, certains trains peuvent durer plus de 24 heures, et il est alors nécessaire de se nourrir et de s'hydrater. Cependant, les conditions d'hygiène pour la préparation de ces plats ne nous semblaient pas optimales, et, bien que tout semblait vraiment très bon, nous avons préféré, pour la plupart d'entre nous, préserver notre fragile estomac occidental, et nous contenter de chips et biscuits. Cependant, dans quelques semaines, il est bien possible que je me laisse tenter.
J'ai, dans mes précédents articles, évoqué la présence de singes dans les villes, aussi bien à Delhi qu'à Jaipur. Cependant, dans ces deux villes, les singes restaient en hauteur, et ils étaient relativement difficiles à voir. Cela est très probablement dû à la circulation intense, dangereuse pour eux, et qu'ils évitent donc logiquement. À Haridwar, mais aussi et surtout à Rishikesh, qui comprend une grande partie de la ville uniquement piétonne, les singes sont partout, absolument pas craintifs, et surtout de formidables voleurs ! Mieux vaut ne rien avoir à manger dans les mains lorsqu'on se promène dans les rues, sous peine de se le faire arracher des mains sans rien avoir vu venir. J'ai été témoin d'un tel vol, et c'est vraiment impressionnant. La personne qui s'est fait volé (un paquet de cacahuète) a à peine eu le temps de se retourner que le singe était déjà loin, en train de profiter de son butin. En dehors de ce côté désagréable pour les touristes, et les locaux qui doivent surveiller leurs magasins, les singes sont surtout un véritable fléau pour les agriculteurs des contreforts himalayens, un peu en recul par rapport à la ville, qui se font saccager leurs récoltes. J'ai également été témoin de cela : les fermiers sont obligés de régulièrement lâcher leurs chiens pour faire fuir les singes, qui viennent par dizaine dans leurs champs.
Il y a aussi, comme à Jaipur, des vaches se promenant un peu partout dans les rues. Si la journée, il semble ne pas y en avoir énormément, dès que l'on se promène dans les rues en fin de soirée, entre le restaurant et l'hôtel, on se rend compte qu'il y en a énormément, et, à l'image des cochons, elles se nourrissent principalement des déchets laissées un peu partout.
Du fait que nous sommes dans des villes religieuses, il y a très peu d'hôtels, en tant que tel, mais beaucoup d'ashram. Les ashram sont, en quelque sorte, des hôtels, à la différence près qu'ils ont pour principale vocation d'accueillir les pèlerins venant dans ce lieu sacré pour méditer, et leur proposant, à un prix très modeste, un hébergement et un accès à une salle de méditation. Nous avons dormi, dans chacune des deux villes, dans un ashram, ouvert au touriste lorsqu'il reste de la place, ce qui était le cas pour nous, car nous ne sommes pas en période de pèlerinage. Dans l'un des deux ashrams, nous avons même pu avoir une initiation au Yoga le matin, pour un prix très modeste. C'était très relaxant, tout en étant plutôt sportif. En tout cas, c'était parfait pour se réveiller, et réveiller son corps, c'est à refaire.
Nous n'avons passé que peu de temps à Haridwar, le temps de visiter un temple, qui ne nous a par ailleurs pas convaincu, et de se promener un peu dans la ville. Nous avons également assisté à la baignade dans le Gange des croyants hindous, très célèbre de par le monde.
Au contraire, la majorité de notre (long) week-end aura été passé à Rishikesh, bien plus paisible, et offrant, de notre point de vue, bien plus de possibilités. La suite en images !
Le plus grand temple de Rishikesh. Nous n'y sommes pas entrés, ayant trouvé l'intérêt limité : il y a uniquement des petites cryptes dans lesquelles des offrandes sont faites par les hindous. Un seul temple, celui de Haridwar, nous a suffit pour le week-end.
La "Nutella Banana Crêpe", une bonne crêpe avec du Nutella, une banane entière (et ça, c'est sympa), mais aussi des raisins secs et des noix de cajou, le tout saupoudré de poudre de coco. Accompagné d'un jus de multi-fruits frais, fait sur place, c'est vraiment excellent ! Ce petit plaisir a été pris au "Little Buddha Café", une place que je recommanderais volontiers, et à laquelle nous avons pris la majorité de nos repas ce week-end ! L'ambiance y était très agréable, nous étions sur un toit, avec une magnifique vue la journée, et un calme reposant en soirée. Ne vous y trompez pas, si j'insiste autant sur cette partie, c'est que ce lieu a grandement contribué à la réussite de ce week-end !
Une bonne partie du dimanche a constitué en une balade de quelques heures à quelques kilomètres de Rishikesh, afin d’accéder à des chutes d'eau, appelées "Neer Waterfalls". La balade était très agréable, dans les arbres, à l'abri de la pollution sonore envahissant les villes. Les paysages étaient sublimes, ressemblant un peu aux paysages des pré-Alpes du Sud de la France, mais avec une végétation quelque peu différente. Probablement la partie du week-end que j'ai préférée, pour ma part : la possibilité d'être dans la nature, sans pollution, et sans avoir du monde partout, a un côté très reposant qui fait du bien, et que l'on devrait rechercher assez régulièrement !
Trajet (train jusqu'à Haridwar, bus et taxi pour Rishikesh) : 460 Rs (7€) par personne
Logement (2 ashrams, dont l'un avec dîner et petit-déjeuner) : 720 Rs(11€) par personne
Nourriture (moins 2 dîners et 2 petits-déjeuners) : 570 Rs (8€50) par personne
Visites (Waterfalls, temple) : 70 Rs (1€) par personne
Rickshaws : 160 Rs (2€50) par personne
Tout d'abord, je voulais préciser que j'avais rajouté pour Jaipur la partie "coût du voyage", et que j'essaierai de garder cette rubrique. Remarquons d'ailleurs que ce week-end a couté environ 30€ par personne, avec trois nuits d'hôtel, et deux fois 5 heures de train !
Rishikesh nous a vraiment envoutés, et il n'est pas impossible que nous y remettions les pieds d'ici la fin de notre séjour. Si ça n'est à mon avis pas à faire en priorité en venant en Inde, toute personne y séjournant un temps relativement long devrait profiter, par moment, de lieux tels celui-ci pour se ressourcer.
Enfin, si, pour le prochain voyage, nous réserverons le train bien plus tôt, le fait d'avoir réservé l'hôtel à l'avance nous a évité bien des déconvenues. Nous commençons à avoir un peu d'expérience pour l'organisation de ces sorties, et les prochaines devraient être encore plus au point !