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Central'Indien

Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi

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Rafting et autres étrangetés

Alors que la chaleur s’est installée durablement à Delhi, et que les journées à moins de 45°C commencent à se faire rare, tout comme les nuits à moins de 30°C, il était malin, la semaine dernière, de profiter d’un week-end de deux jours, si ce n’est pour aller dans les hauteurs himalayennes, tout du moins pour sortir un peu, respirer un air pur et faire des activités adaptées à la météo.

Si cette idée m’avait traversé l’esprit, je n’étais pas le seul, et Amit, l’un de mes collègues, m’a proposé d’aller faire du rafting à Rishikesh. L’idée semblait fabuleuse, et si la température à Rishikesh n’est pas inférieure à celle de Delhi, le fait d’être dans la nature, et de faire des activités d’eau allait permettre de se rafraichir et se ressourcer … Tout du moins le pensait-on. Nous voilà donc partis, vendredi soir, avec Amit et sa femme, Avantika (une collègue) et son mari, Poonam (également une collègue), Dinesh et deux de mes colocataires, Shu Ming (de Singapour) et Laura (française), à bord d’un traveller (un minibus de 12 places) pour un week-end qui s’annonçait mythique, et où nous serons passés par tous nos états.

Le samedi, ou comment vivre deux jours en un !

Après avoir quitté Delhi aux alentours de 23h30, et sans que personne n’ait été capable de dormir dans le traveller, nous avons atteint Rishikesh à 5h du matin. C’est là le début d’une journée très remplie, à telle point qu’en me couchant le soir, j’avais l’impression que nous étions arrivés la veille voire l’avant-veille !

Tout commence donc à 5h, alors que nous sommes arrêtés au stand de bus, et qu’un orage vient de se déclencher. Profiter d’être à l’arrêt pour dormir un peu n’aurait pas été de refus, mais les vessies semblaient toutes pleines, et la pluie bien trop forte pour que quiconque se risque à l’extérieur. Vers 6h30, nous voilà enfin libérés, et nous pouvons profiter de la fraicheur matinale autour d’un petit chai (thé indien, pour rappel) et de biscuits. Le ciel se dégageant rapidement, la décision fût prise d’aller au rafting plus tôt que prévu.

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Parés pour le rafting ! De gauche à droite : moi, Shu Ming, Madhuri, Laura, Amit, Avantika, Dinesh, Anik et Poonam

Parés pour le rafting ! De gauche à droite : moi, Shu Ming, Madhuri, Laura, Amit, Avantika, Dinesh, Anik et Poonam

À 8h30, nous voilà donc parti pour la meilleure partie du week-end, celle dont tout le monde se souviendra comme étant le meilleur souvenir de l’expédition : le rafting ! Je n’avais pas pris mon appareil photo ce week-end, mais j’ai presque regretté de ne pas avoir acheté une protection imperméable pour pouvoir prendre des clichés sur le bateau … C’était vraiment très agréable, d’autant plus qu’il ne faisait pas encore trop chaud et que nous n’avions pas l’impression de cramer. Et du coup, je me suis baigné dans le Gange ! Je vous rassure, la partie du fleuve sur laquelle nous étions est propre, se situant en amont de la première grosse ville religieuse, mais elle est aussi très froide, et à moins d’y nager, il n’est pas possible d’y rester très longtemps. À noter qu’aucun des indiens ne savait nager, et ils n’ont donc pas eu la chance d’aller à l’eau pour le dernier petit rapide. Toujours est-il que cet épisode rafting a fait du bien à tout le monde.

Baignade dans le Gange, en se tenant au bateau (de gauche à droite : Anik, Avantika et Madhuri) ou en s’en éloignant lorsque l’on sait nager (Shu Ming à gauche, moi à droite)

Baignade dans le Gange, en se tenant au bateau (de gauche à droite : Anik, Avantika et Madhuri) ou en s’en éloignant lorsque l’on sait nager (Shu Ming à gauche, moi à droite)

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Dès lors, direction le « resort » ! Mais un aspect n’avait pas été pris en compte : la chaleur étouffante malgré les montagnes avoisinantes allait rapidement avoir raison de nous. En effet, impossible de se reposer dans les tentes : les 45°C extérieurs se transformaient en des températures excessives à l’intérieur. C’est donc très fatigués et accablés par la chaleur que nous nous sommes installés et avons déjeuné. Dans le programme du resort, l’après-midi était consacré à un trek d’une grosse demi-heure vers des chutes d’eaux (allez jeter un œil à mon article de l’année dernière, j’y étais allé). Si mes collègues étaient motivés, Shu Ming, Laura, Dinesh et moi-même préférions aller se promener à Rishikesh et se poser à un endroit frais pour se ressourcer. Il m’a fallu plus d’une demi-heure sous un soleil intenable pour faire comprendre à mes collègues qu’on pouvait faire deux groupes, et que ça ne nous dérangeaient pas de ne pas aller aux chutes, mais que nous avions trop chaud pour randonner. Une fois l’organisation mise en place, et Laura se sentant vraiment mal, nous pensions pouvoir partir mais c’était sans compter sur le conducteur du traveller qui se sentait mal et était d’accord pour aller jusqu’au départ du sentier des chutes (soit 30 minutes de trajet) mais refusait de faire les cinq minutes supplémentaires pour rejoindre la ville (nous le payions au kilomètre, donc ce n’était pas le problème). Nous sommes donc allés au départ pour les chutes et avons dû trouver un taxi pour nous conduire en ville et nous ramener au resort. Si notre passage à Rishikesh aura été relaxant, nous étions tout de même exténués à cause de la chaleur, du manque de sommeil et de l’énergie dépensée pour s’organiser avec mes collègues, et avons pris le chemin du retour vers 20h.

Le resort. Les cottages sur la photos étaient climatisés, nos tentes non ... En tout cas, le cadre était magnifique !

Le resort. Les cottages sur la photos étaient climatisés, nos tentes non ... En tout cas, le cadre était magnifique !

De retour au camp, c’était parti pour l’animation nocturne. Après quelques snacks, nous avons dansé sur des musiques indiennes de tout type, et sur quelques musiques occidentales, dans une très bonne ambiance. J’avais accumulé tant de frustration au cours de la journée que je me suis lâché sur le Dance Floor ! Puis, tout transpirants, direction la piscine qui était en effet remplie avec l’eau de la petite rivière au bord de laquelle était le camp et dont l’aspect était donc peu alléchant et aura eu raison de la motivation de Shu Ming qui n’a pas osé rentrer dans l’eau, avant d’aller prendre le dîner aux alentours de 22h30. Après une telle journée, et alors que la nuit amenait un peu de fraicheur, nous avons pu aller récupérer un peu avant une journée du dimanche relax sur le papier …

Un dimanche pas comme les autres

Après une bonne nuit de sommeil, et réveillés à 9h par la chaleur du soleil tapant sur la tente, le dimanche devait consister à se relaxer, faire nos bagages et partir vers midi pour arriver dans la soirée à Delhi. Le départ a donc bien eu lieu à midi, mais il y avait des bouchons incroyables à la traversée de Rishikesh, qui nous a pris deux heures au lieu de 15 minutes ! Le tout se passait en plein soleil, sans la clim et avec l’eau des bouteilles qui, en l’espace d’une heure, avait atteint les 30°C … Après s’être sorti de ces bouchons, nous avons atteint Haridwar à 15h (nous avons mis 3h au lieu de 1h15) dans l’espoir de manger. Mais après que les indiens soient allés se baigner dans le Gange pendant 40 minutes, ils nous ont dit qu’il n’y avait pas d’endroit climatisé pour manger ici, et que l’on s’arrêterait plus loin. Nous avons eu la bonne idée d’acheter des snacks pour tenir le coup, car nous ignorions alors que nous ne mangerions que 5 heures plus tard, après quelques évènements marquants. Si les bouchons au passage des villes étaient attendus, nous n’avions pas prévu de crever. Heureusement, nous avions une roue de secours et changer la roue n’a pris qu’une grosse vingtaine de minutes. Et ce n’était pas fini : un gros orage a éclaté, et il pleuvait suffisamment fort pour que nous soyons obligés de nous arrêter … C’est donc sous l’orage, à 21h, que nous nous sommes finalement arrêter pour le lunch, ou du coup plutôt pour le diner ! Enfin, pour couronner le tout, le conducteur, encore lui, a refusé de nous déposer chez nous ou même à proximité : nous avons donc du appeler un taxi à minuit passé pour pouvoir rentrer chez nous dans un état de fatigue psychologique incroyable. Quel bonheur d’arriver chez soi après 13h d’un trajet interminable, et dont la succession d’imprévus avait fini d’achever les plus téméraires d’entre nous (quand on en avait mis 6 à l’aller) !

Parce que sur la première photo, on était en tenue de rafting, voici une photo de groupe où l'on voit nos têtes ! De gauche à droite, au premier rang, Poonam, Laura et Avantika. Derrière, Dinesh, moi, Amit, Anik (le mari d'Avantika) et Shu Ming. Il manque juste Madhuri (la femme d'Amit) qui prend la photo.

Parce que sur la première photo, on était en tenue de rafting, voici une photo de groupe où l'on voit nos têtes ! De gauche à droite, au premier rang, Poonam, Laura et Avantika. Derrière, Dinesh, moi, Amit, Anik (le mari d'Avantika) et Shu Ming. Il manque juste Madhuri (la femme d'Amit) qui prend la photo.

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Le coût du voyage
  • Transport (traveller) : 1500 Rs (18€) par personne
  • Logement (resort + trois repas + rafting) : 2000 Rs (24€) par personne
  • Nourriture (Lunch/Diner du dimanche) : 500 Rs (6€) par personne
  • Visites : 0 Rs
  • Rickshaws : 0 Rs
Les quelques mots de la fin

Ce week-end est tout simplement inclassable par sa richesse, ses moments difficiles et des nombreux côtés positifs. Cet article n’est que descriptif car il est difficile d’analyser quoi que ce soit ici. Tout de même, je pense avoir surestimé la capacité d’adaptation de mes colocs, et il est vrai que ce week-end est allé d’imprévus en imprévus, de négociation en négociation, sous une chaleur bien trop élevée pour se sentir bien. Si cela ne m’a pas dérangé dans l’ensemble, malgré un ou deux moments où j’ai perdu patience, cela arrive, mes colocs ont eu plus de mal à s’y faire, ce qui est tout à fait compréhensible. Une chose est sure : ce week-end est probablement le plus marquant que j’ai été amené à vivre en Inde et ailleurs !

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