Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi
28 Avril 2013
Dernier week-end avant les Major, dernière série d'examens du semestre, la plus importante, et pas de voyage. En effet, une sortie à Varanasi, haut lieu de spiritualité hindou, était au programme, mais les professeurs en ont décidé autrement, nous rajoutant des cours supplémentaires samedi (et même dimanche pour les moins chanceux). Me voilà donc contraint à rester à Delhi. J'en profite pour vous parler d'une autre Inde, bien loin des clichés que les occidentaux peuvent avoir de ce pays, celle des personnes aisées.
En Inde, être riche n'est pas quelque-chose que l'on cherche à cacher. Bien au contraire, les personnes riches le montrent, à travers des belles maisons surveillées par des gardes à longueur de journée, des grosses voitures, et des domestiques à ne plus savoir qu'en faire. À Delhi, les quartiers chics sont principalement situés dans le Sud de la ville, bien qu'il y en ait quelques-uns au Nord. L'accès aux enclaves est lui aussi surveillé, et les résidents y sont donc plutôt au calme. Cela tranche vraiment avec les personnes vivant dans la misère, sur le trottoir d'en face, à l'entrée du quartier résidentiel. Mais c'est comme ça, les indiens l'acceptent, même si les mentalités commencent peut-être un peu à évoluer.
Pour rentrer dans les contrastes de manière tout aussi évidente, je voudrais revenir sur les mall. J'en ai déjà parlé, mais je le rappelle, ce sont ces grands centres commerciaux à l'américaine, très chic. Il sont même plus chics que ce que l'on pourrait trouver en France ou ailleurs en Europe, et d'une propreté rare, même pour nous. L'entrée de ces mall est contrôlée et, bien qu'il n'y ait officiellement pas de discrimination, seules les personnes aisées sont autorisées à rentrer (de la classe moyenne à la classe supérieure). Les grandes marques sont toutes là, à des prix parfois plus élevés qu'en Europe, rarement plus bas, et les indiens en ayant les moyens viennent dépenser leur argent ici, rattrapés par la société de consommation qui, contrairement aux clichés, sévit en Inde comme ailleurs. Je n'y suis allé qu'une fois, juste après avoir passé un après-midi à Old Delhi, le contraste était saisissant. Lorsque l'on voit la misère sur le trottoir d'en face (oui, encore le trottoir d'en face, il n'y a jamais besoin d'aller plus loin pour trouver le nécessiteux en Inde), on se dit que ce lieu fait un peu figure d'intrus dans le paysage.
Dans ces mall se trouve généralement un cinéma, aux standards occidentaux, voire bien supérieurs : sièges très confortables, beaucoup de place pour les jambes, sièges qui s'inclinent légèrement lorsque l'on se glisse dedans, bien plus confortable qu'une salle en France. Mais les prix sont également impressionnants. À l'instar des magasins, la place est du même ordre de prix que chez nous : de 5€ pour le cinéma le moins cher jusqu'à ... 21€ pour le plus cher ! Je tiens tout de même à préciser qu'il existe une multitude de petits cinémas indiens un peu partout, projetant les derniers Bollywood à des prix dérisoires (de l'ordre de 15 à 30 centimes d'euros la place). Le confort n'est pas le même, mais l'ambiance y est bien plus populaire. Cependant, pour aller voir un film occidental (Lincoln, par exemple, le seul que je suis allé voir, avec des amis indiens), la seule solution se trouve dans les mall. Un fait intéressant : les films sont en anglais, sous-titrés anglais. Si certains n'apprécient pas forcément, beaucoup d'indiens ont un niveau en anglais relativement moyen, et les sous-titres leur sont nécessaires.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'Inde moderne, mais je ne le ferais pas dans cet article. Je vous ai juste présenté les points qui m'ont le plus marqué. Je dois maintenant retourner à mes cahiers, afin de préparer les examens que les élèves indiens de l'IIT se doivent de réussir, afin de faire partie de cette Inde qui a de l'argent !