Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi
11 Mars 2013
Une semaine de vacances au milieu du semestre, que demander de plus pour organiser un voyage un peu plus conséquent qu'un simple week-end ? Nous avons donc décidé de nous rendre à Darjeeling, aux portes du Sikkim, région montagneuse du Nord-Est de l'Inde. C'était l'occasion parfaite pour prendre un bon bol d'air frais, et pour avoir un premier petit contact avec l'Himalaya. Afin d'avoir le temps nécessaire pour bien profiter du coin, nous sommes partis le mercredi précédent les vacances, choisissant de louper les cours de jeudi et vendredi. En plus de Charles, Claire et moi-même, Chitro, un ami indien, a rejoint l'aventure, pour le meilleur et pour le pire.
Une fois n'est pas coutume, nous avons pris le train pour nous rendre à destination. Cependant, cette fois-ci, la distance était vraiment très importante, si bien que le trajet durait 27h ! Autant dire qu'il vaut mieux avoir de quoi s'occuper, car c'est bien une journée complète que nous avons dû passer dans notre wagon, à l'aller comme au retour. Si cela peut faire quelque peu peur au début, les deux voyages sont au final passés très vite, grâce aux personnes rencontrées, avec qui nous avons bien pu discuter, et aux jeux de cartes et d'échecs, qui nous ont pris un temps assez considérable. Rajoutez à cela un peu de lecture, et la nuit, assez chaotique (on ne dort pas très bien), mais du coup longue (on reste au lit longtemps, à somnoler), et nous voici presque arrivés à destination. Nous avons, de plus, eu la chance d'avoir des trains relativement à l'heure (seulement 3h de retard à l'aller, pas de retard au retour).
À noter que nous avons passer l'aller en Sleeper (la classe la moins chère des trains de nuit, celle que nous avions toujours pris jusque là) et le retour en 3A (le deuxième moins cher, mais bien au-dessus de Sleeper, de l'ordre de trois fois plus cher). S'il y a en effet une grande différence de prix, celle-ci semble justifiée : en 3A, nous avions l'air climatisé (nous avions eu très chaud à l'aller), et, du coup, du double-vitrage et des wagons qui ferment (contrairement à la classe Sleeper, où il y a des courants d'air partout), ce qui rend les compartiments bien plus calmes. De plus, il est fourni en 3A des draps et oreillers, et des personnes sont présentes en cas d'un besoin quelconque. Si, d'un point de vue du confort, j'ai de loin préféré le voyage en 3A, il est cependant important de remarquer que c'est en Sleeper que nous avons fait des rencontres, les voyageurs en 3A étant bien moins enclins à venir nous parler (à l'image des trains européens).
Ville à flan de montagne, s'étalant de 1800m à 2400m, Darjeeling a un vrai charme, et nous avons vraiment accroché. Pour la plupart des gens, le nom de Darjeeling évoque le thé, qui est exporté partout dans le monde. En effet, c'est dans les alentours que sont cultivés des thés noirs parmi les tout meilleurs. En plus d'être la ville du thé, Darjeeling a une vue imprenable sur les montagnes, la ville est relativement propre, et les habitants y sont vraiment très gentils, aimables et poli. Et ce n'est pas à Darjeeling que l'on va se faire harceler par les taxis ou autres rabatteurs.
Vue sur le Kanchendzonga, troisième sommet le plus haut du monde, aussi connu sous le nom de "Sleeping Buddha", car on peut imaginer quelqu'un allongé (la tête à gauche, le corps à droite), et que la religion prédominante ici est le bouddhisme.
Si Darjeeling offre un mix entre les cultures indienne, népalaise et occidentale (nous avons manger du boeuf et des croissants), elle a aussi les caractéristique d'une ville de montagne : en plus d'une grande dénivelée au sein même de la ville, tout le monde se couche tôt. Il est d'ailleurs très difficile de trouver à manger après 20h30 ! Et à 21h, il n'y a plus personne dans les rues. Petit tour d'horizon des choses à ne pas manquer dans la ville.
L'un des principaux centres d'intérêt de la ville est le Tibetan Refugees Self Help Center. C'est un centre de réfugiés tibétain, qui comporte des ateliers d'artisans, des habitations, un orphelinat, une école, et bien d'autres choses. Près de 650 tibétains y vivent. Les réalisations des artisans sont ensuite vendu aux visiteurs : l'occasion de ramener quelques souvenirs tout en soutenant une bonne cause !
Le zoo présente également un certain intérêt, dans la mesure où sont présents la plupart des animaux typiques de l'Himalaya. Parmi ceux-là, le panda rouge (photo) est particulièrement présent dans les montagnes alentours à Darjeeling, et c'est l'animal que nous avions le plus de chance d'apercevoir durant notre trek.
Au coeur du zoo se trouve le HMI (Himalayan Mountaineering Institute), idéal pour glaner toute sorte d'informations sur l'Himalaya. Et au sein de celui-ci se trouve un musée consacré à la chaîne de l'Himalaya dans un premier temps, présentant les sommets ainsi que le matériel utilisé en alpinisme, des premiers gants aux vêtements modernes et techniques. Si cette partie est très intéressante, c'est surtout la deuxième salle qui donne toute sa valeur au musée : elle est consacrée (en grande majorité) à l'Everest, son histoire, et l'histoire de ses ascensions, aussi bien les échecs que les premiers succès. Vraiment instructif !
L'idée initiale était d'aller dans le Sikim pour le trek, mais, après en avoir discuter avec les indiens que nous avons rencontré dans le train à l'aller, nous avons finalement décidé de faire un trek partant de Darjeeling, et montant au plus haut sommet des environs (seulement 3600m, mais une vue dégagée sur les plus hauts sommets de l'Himalaya). Nous avons opté pour un trek de cinq jours, afin de profiter au maximum de la montagne et des paysages. Le trek se situant dans un parc national commun avec le Népal, le guide était obigatoire. De plus, nous avons franchi de nombreux points de contrôle, et avons dû sortir notre passeport une petite dizaine de fois. Nous avons même dormi une nuit au Népal ! Bref, beaucoup d'aventures, dont voici les étapes clés.
Partant de Maney (tout à gauche, 2134m), nous avons rejoint Tumling (village népalais juste à côté de Tonglu, 2970m) le premier jour, puis Sandakphu (le plus haut sommet, 3636m) le lendemain. Ensuite, direction Phalut (3000m), avant de redescendre vers Ramman, puis Rimbik.
Premier trek pour notre ami indien, et des débuts très difficiles. Pas habitué à ce type d'effort, il va très lentement, et se fatigue très vite. Résultat : lorsque ça monte, on marche une heure et demi, puis on l'attend trente minutes. Heureusement, cela n'a pas trop affecté son moral, il s'est accroché, et a vraiment bien aimé son trek !
Le beau temps n'étant pas au rendez-vous, seul le matin du deuxième jour nous offre un temps ensoleillé et une vue dégagée. Puis le brouillard remonte très vite de la vallée. Du coup, nous profitons de la météo clémente pour aller observer le lever du soleil sur le Kanchendzonga. De gauche à droite : Amar (notre guide), Charles, Chitro, Claire et moi-même.
Le seul rayon de soleil que j'ai pu observer à Sandakphu, le soir, en arrivant. Après cela, les nuages et le brouillard se sont installés, et sont restés accrochés jusqu'au matin, ce qui nous a enlevé tout espoir de voir la magnifique vue promise ! Il est intéressant de remarquer le nombre très conséquent de guest-house et refuges, ce qui donne une idée du monde fréquentant ce lieu en haute-saison !
À Phalut, le temps a bien encore failli nous jouer des tours. En effet, à 5h30 (l'heure à laquelle nous devions nous lever pour aller voir le lever du soleil sur les sommets), le guide nous a annoncé qu'il y avait du brouillard, et que nous pouvions dormir plus longtemps. Mais vers 6h30, le brouillard était retombé dans la vallée, et nous avons donc pu profiter de la vue.
La descente s'est faite dans une forêt très dense, abritant panda rouge et léopard. Cependant, nous n'avons malheureusement vu aucun de ces deux animaux, et avons dû nous contenter du zoo. De magnifiques rhododendrons rouges et blancs venaient orner le chemin.
dont pour le trek
9000 Rs, soit 135€, pour douze jours de voyages à quelques 1500 km de Delhi, seule l'Inde peut offrir une telle opportunité, et nous en avons donc bien profité.
Darjeeling est la ville du thé, et nous n'avons pas visité les plantations. Hérésie ? Peut-être. Mais nous manquions de temps, et, surtout, il était encore un peu tôt pour la cueillette (qui commence au printemps), partie la plus intéressante de la visite. Tant pis : nous avons vu tant d'autres choses aussi très intéressantes que nous nous remettrons de cette omission.
Nous rentrons à Delhi avec des souvenirs plein la tête et des images plein les yeux ! En attendant de retourner dans l'Himalaya pour un trek plus conséquent, plus long, et de plus haute montagne, le retour à la réalité de Delhi et de l'IIT vient gentiment nous rappeler que nous sommes ici pour les études, et qu'il faut désormais s'y remettre.