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Central'Indien

Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi

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Une vie d'expat ?

Cela fait plus de deux mois que j’ai effectué mon retour en Inde, je dois bien dire que cette deuxième expérience est très différente de la précédente. J’ai l’impression de le dire à chaque début d’article, mais je n’ai pas le temps ni le courage de voyager les week-ends cette année. J’en profite donc pour profiter de cette ville exceptionnelle qu’est Delhi, et vivre finalement plus ou moins à la manière d’un expat.

Oui, je dois bien vous le dire, je me sens presque chez moi ici maintenant, et si je suis bien sûr toujours surpris par certains aspects de la vie locale, lorsque je sors, je n’ai pas l’impression d’être en train de découvrir la ville, mais bien d’y vivre. Je me promène à Delhi comme je me promènerais à Paris : je me retrouve dans un environnement que je connais et maitrise (de manière toujours relative, j’insiste, personne ne peut affirmer maitriser parfaitement son environnement à Delhi), où je me sens à l’aise, mais, tout comme à Paris, il y a toujours de nombreux lieux à découvrir, bâtiments à explorer et musées à visiter. Et comme à Paris, il est fatiguant de déambuler à travers la ville. Mais malgré une circulation pour le moins chaotique, et des rues bondées, je me sens parfaitement dans mon élément, zigzaguant entre les voitures, traversant tant bien que mal les gros carrefours sans avoir l’impression que je vais me faire écraser, me frayant mon chemin entre les indiens en jouant des coudes sans même m’en rendre compte, et négociant le prix de la course de rickshaw en hindi, le tout de la manière la plus naturelle qui soit, sans avoir à réfléchir à ce que je dois faire, à comment je dois me comporter, et je dois dire que c’est très agréable.

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Une partie des expats avec qui j’ai eu l’occasion de passer du temps. De gauche à droite : moi, Auraline (rentrée en France depuis) et Wafa (deux françaises qu’on a rencontré sur place) et Fabien (mon coloc, qui rentre en France mi-mai).

Une partie des expats avec qui j’ai eu l’occasion de passer du temps. De gauche à droite : moi, Auraline (rentrée en France depuis) et Wafa (deux françaises qu’on a rencontré sur place) et Fabien (mon coloc, qui rentre en France mi-mai).

Bien entendu, vivre en Inde quelques mois ne peut pas être similaire à vivre chez soi depuis toujours, mais la vie que je mène ici s’approche beaucoup d’une vie « normale » en France : je vais au boulot la semaine (et un samedi sur deux), et je profite des week-ends pour me reposer, et voir des amis, indiens ou occidentaux, avec qui je sors en ville la journée, ou avec qui je vais manger au restaurant ou boire un verre le soir. Bien entendu, les conversations entre occidentaux tournent principalement autour de l’Inde et de nos expériences respectives, et je me transforme parfois en guide. En effet, beaucoup des occidentaux que j’ai rencontré sont en Inde pour la première fois, et je leur présente alors les bons coins à Delhi, leur donne quelques conseils et parfois même les aide à expliquer le chemin au rickshaw par téléphone (grâce à un hindi très approximatif de ma part et un anglais très approximatif du conducteur de rickshaw, on s’en sort !) et c’est dans ces moments-là que je me rends compte que je connais plutôt bien la ville et même le Nord de l’Inde en général. Je pense d’ailleurs écrire un article « touristique » d’ici la fin de mon séjour présentant les choses à faire et à voir à Delhi, afin de faire aimer cette ville formidable.

Voici une photo qui date de Holi. Je ne connais pas les deux personnes à gauche, je ne les ai vu que quelques minutes. À ma droite se trouve Dragana, bosniaque vivant au Canada depuis ses 9 ans après avoir fui la guerre civile en 1992, qui aura été notre coloc pendant une dizaine de jours, puis à sa droite, Katharina, ma coloc allemande qui rentre chez elle dans une semaine.

Voici une photo qui date de Holi. Je ne connais pas les deux personnes à gauche, je ne les ai vu que quelques minutes. À ma droite se trouve Dragana, bosniaque vivant au Canada depuis ses 9 ans après avoir fui la guerre civile en 1992, qui aura été notre coloc pendant une dizaine de jours, puis à sa droite, Katharina, ma coloc allemande qui rentre chez elle dans une semaine.

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Enfin, il n’y a pas une manière de vivre en tant qu’expatrié, chaque expérience est différente, et cela est vrai partout à travers le Monde. Mais Delhi plus qu’ailleurs est l’une des villes où il est possible de vivre de nombreuses manières, très différentes les unes des autres. Ainsi, certains vont chercher à se (sur)protéger des contrastes, de la pauvreté et des situations stressantes en vivant dans des quartiers ultra-sécurisés, et ne fréquenteront que les Centres Commerciaux à l’américaine. Cela est un peu triste, autant rester chez soi si l’on ne souhaite pas s’intéresser au pays, à la culture et aux habitants du pays dans lequel on étudie/travaille. Je vous rassure, la majorité des expatriés ne vivent heureusement pas de cette façon. Bien entendu, l’expatrié « classique » ne vit pas dans les quartiers pauvres, mais plutôt dans le Sud de Delhi, dans des beaux quartiers qui apportent un certain confort, mais il ne se coupe pas du monde autour de lui, il s’immerge dans la culture un minimum et apprends à connaître l’Inde. Je me rapproche de cette catégorie, mais mon semestre à l’IIT et le fait que j’ai de nombreux amis indiens m’a appris à vivre plus « à l’indienne ».

À gauche, Dinesh, qui m’accompagne lors de la plupart de mes week-ends à Delhi, et qui découvre la ville avec moi. À droite, Chitro, que je vois plutôt le soir, autour d’un verre à Hauz Khas Village ou ailleurs.À gauche, Dinesh, qui m’accompagne lors de la plupart de mes week-ends à Delhi, et qui découvre la ville avec moi. À droite, Chitro, que je vois plutôt le soir, autour d’un verre à Hauz Khas Village ou ailleurs.

À gauche, Dinesh, qui m’accompagne lors de la plupart de mes week-ends à Delhi, et qui découvre la ville avec moi. À droite, Chitro, que je vois plutôt le soir, autour d’un verre à Hauz Khas Village ou ailleurs.

Mais c’est justement la difficulté de définir la vie « à l’indienne » qui amène ces différences de mode de vie : les indiens, selon qu’ils soient plus ou moins riches, vivent de manières complétement différentes, et les contrastes entre les différentes catégories sociales sont bien plus importants que dans la majorité des pays. Cela se répercute assez logiquement sur les expatriés, dont les modes de vie ici peuvent donc être très différents d’une personne à l’autre. Personnellement, je suis content d’être dans un quartier populaire, composé majoritairement d’indiens issus du haut de la Middle Class. Quand je sors de chez moi, je suis directement dans les rues peuplées, animées, et leurs vendeurs ambulants, leurs voitures et leurs piétons, dans une atmosphère qui respire la vie, et que je suis heureux de retrouver tous les matins en partant au travail, et tous les soirs en y rentrant. Vivre dans un quartier fermé et protégé amène plus de calme, certes, mais je trouve qu’on perd cette immersion quotidienne dont le charme est indéniable. Bien entendu, cela dépend vraiment des caractères, et je comprends que certains se sentent plus à l’aise dans un environnement moins fatiguant, mais de mon côté, c’est exactement ce qui me convient !

Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que Delhi a fini de me surprendre. Ce serait triste si c’était le cas, et j’aime découvrir de nouveaux aspects de la vie ici ou de nouveaux quartiers non-touristiques. Et ça sera avec plaisir que je partagerai ces expériences à venir sur ce blog !

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