Carnet de voyage d'un Centralien parti étudier un semestre à l'IIT Delhi, puis faire un stage de césure de 6 mois à Delhi
1 Mars 2014
Plus de deux semaines en Inde, et je n'ai toujours pas sorti mon appareil photo. Comme je vous l'avais annoncé, j'ai moins l'occasion de voyager les week-end que l'année dernière. Et pourtant, je viens de passer quatre jours hors de Delhi, à Ajmer (à côté de Pushkar, où j'avais été l'année dernière), en pleine semaine ! Bon, je dois bien vous accorder que je n'y ai absolument pas fait de tourisme, il n'y a d'ailleurs pas grand chose à voir dans cette ville plutôt industrielle, mais j'y étais en déplacement professionnel. C'est donc le moment de vous parler un peu de mon stage, afin de remettre ce séjour dans son contexte !
J'effectue donc mon deuxième stage de césure chez ACTIA India, l'antenne indienne de ACTIA, qui est une boîte française basée à Toulouse et spécialisée dans les systèmes embarqués dans les véhicules. Pour ceux à qui ça ne parle pas, ACTIA fabrique des boîtiers contenant un logiciel qui vont être insérés dans les véhicules et vont récupérer toutes les informations circulant dans les circuits électroniques du véhicule (vitesse, consommation, etc ...). Ces informations sont ensuite traitées et utilisées par le logiciel.
Chaque pays a ses spécificités, mais le marché indien est particulièrement difficile dans ce domaine. Les solutions proposées par ACTIA ne sont donc pas forcément adaptées à la demande, et c'est là que j'interviens. Ma mission consiste à mettre en avant quel sera le retour sur investissement pour les gestionnaires de flotte (c'est-à-dire les compagnies qui possèdent des camions) et les possesseurs de lignes de contrôle technique (auxquels ACTIA fournit l'ensemble de la ligne, du matériel de contrôle au logiciel de traitement des informations), en évaluant leurs besoins, leurs attentes, en adaptant le produit afin d'y répondre au mieux, par exemple en intégrant de nouvelles fonctionnalités, et en mettant en place un argumentaire de vente, afin de les convaincre d'acheter le produit. J'ai donc ici un rôle technico-commercial très intéressant, qui va me permettre de travailler de manière autonome tout en étant en relation avec les différentes équipes de la boîte. C'est dans ce contexte que j'ai participé au déplacement à Ajmer, afin de me rendre chez le client pour me rendre compte de la situation et me permettre de glaner des informations qui me seront utiles pour la suite.
À Ajmer se trouve un client d'ACTIA India qui vient d'acquérir une ligne complète de contrôle technique. Le but de ces quatre jours sur place était de calibrer et de tester tout le matériel et d'installer et de tester le logiciel de traitement. Je suis donc parti avec trois personnes : un français qui voyage à travers le monde, et qui s'occupe de toutes les installations de ce type pour les différentes antennes d'ACTIA, ainsi que le directeur de la production et un autre indien travaillant à la production. Et autant vous dire que ça ne rigolait pas : nous arrivions sur le site à 9h30 pour en repartir à 20h30, le tout sans pause, même pas pour le lunch (mais nous étions tellement occupés que nous ne nous en rendions pas compte), et presque toujours debout. Autant vous dire que j'avais mal aux jambes à la fin de la journée ! Nous avons fait face à de nombreux problèmes, dont l'un très classique en Inde : l'électricité. En effet, à la fin de la première journée, il y a eu une coupure d'électricité au niveau du site uniquement, et Sylvain (le français, vous l'aurez deviné) a dû aller s'occuper lui-même d'aller réparer ça, et a fait face au réseau électrique indien, avec ses fils dans tous les sens, quelques aberrations (le neutre branché à la masse par exemple, pour les plus scientifiques d'entre vous) et le manque de protection. L'accumulation de ces petits problèmes nous a fait prendre du retard, et tout n'est malheureusement pas fini. Il faudra donc y retourner, sans Sylvain cette fois-ci, pour finaliser ça. Si, dans le cadre de ma mission, je n'aurais pas forcément de raison d'y retourner, cela n'est pas impossible : je sais maintenant comment ça marche et les deux indiens présents auront probablement besoin d'une personne supplémentaire.
J'en arrive donc à un autre côté de mon stage, hors-mission, dont je n'ai pas encore parlé. ACTIA India ne compte qu'une petite cinquantaine de salariés, la plupart très spécialisés. Grâce à ma formation généraliste, je devrais être amené à toucher un peu à tout. Durant ces quatre jours, et même si ce n'était pas l'objet même de ma présence, j'ai été amené à aider pour la calibration du matériel, donc à faire un peu de mécanique, et à toucher à des circuits imprimés, ce qui m'a permis de réviser mon électronique ! Et en dehors de ça, je devrais être amené, par moment, à faire un peu d'administration réseau en soutien de la personne responsable. Voici donc un stage qui s'annonce très formateur !